La supervision informatique consiste à mesurer en continu l’état d’un système : charge, bande passante, latence, espace disque, disponibilité des services. Pour collecter ces mesures, deux grandes approches coexistent. La première repose sur un agent, la seconde s’en passe. Comprendre la différence aide à choisir l’outil adapté à un contexte donné.
Table des matières
Avec agent : la supervision classique
Un agent est un logiciel installé en permanence sur la machine surveillée. Il collecte les métriques localement et les transmet à une plateforme centrale qui les stocke, les affiche et déclenche des alertes. C’est le modèle des grandes solutions de supervision.
🖥️ Ce que vous devez retenir de cette thématique :
Supervision informatique : agent ou agentless ?
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Cette approche est puissante pour un parc homogène et connecté. Elle a toutefois un coût : il faut déployer l’agent, le maintenir à jour, lui accorder des droits, et ouvrir un canal réseau vers la plateforme. Elle suppose enfin une connectivité permanente entre l’agent et la plateforme, condition qui n’est pas toujours réunie. Sur un système sensible, chacun de ces points demande une validation, et l’agent lui-même devient une brique à surveiller.
Sans agent : mesurer sans rien installer
La supervision sans agent, ou agentless, mesure l’état d’une machine sans y installer de logiciel résident. On interroge le système par des mécanismes déjà présents, ou on exécute un script ponctuel qui relève les données puis rend la main. Rien ne tourne en permanence, rien n’est ajouté durablement au système.
Concrètement, deux voies existent. La première interroge la machine à distance via des protocoles standard, sans y déposer de code. La seconde exécute localement un script léger qui relève les mesures puis se termine. Dans les deux cas, la machine surveillée ne conserve aucun logiciel de supervision une fois l’opération terminée.
L’intérêt principal est la légèreté. Aucune installation, aucune dépendance à déployer, aucun service permanent à maintenir. Cette approche prend tout son sens dans les environnements contraints : postes verrouillés, serveurs isolés, machines déconnectées du réseau, où l’installation d’un agent est refusée par la politique de sécurité ou simplement impossible.
Un exemple concret en open source
La supervision sans agent peut prendre la forme de scripts autonomes. C’est la voie choisie par Eric Guiffault, consultant expert en bases de données et en infrastructure Windows, qui publie sous licence MIT une famille d’outils PowerShell conçus pour ce cas de figure.
Chaque outil tient dans un script unique, sans installation, dont l’interface se consulte dans le navigateur local. PS-MRTG mesure la bande passante d’un serveur Windows et en trace les graphes. PS-PING analyse la latence et fait ressortir gigue, pertes et coupures intermittentes. D’autres couvrent l’occupation disque ou la lecture d’archives hors ligne. Tous s’appuient sur le PowerShell déjà présent sur Windows, ce qui leur permet de fonctionner y compris sur une machine air-gapped.
Ces outils sont publiés en open source sur GitHub et GitLab, et leur code peut être relu avant tout usage, ce qui reste la meilleure garantie de confiance pour qui les déploie sur un système sensible.
Ces outils illustrent bien la logique agentless : on copie un fichier, on l’exécute, on lit le résultat, et aucun logiciel de supervision n’y reste installé.

Les limites à connaître
La supervision sans agent n’est pas une solution universelle. En l’absence d’agent permanent, la collecte de données historiques en continu est plus difficile : un script exécuté ponctuellement donne une photographie, pas forcément un suivi ininterrompu sur des mois. Pour un parc vaste et centralisé, une plateforme à agents reste souvent plus adaptée, car elle industrialise la collecte et l’alerte.
Il faut aussi rappeler qu’un outil de mesure n’est pas un outil de sécurité. Mesurer une bande passante ou une latence aide à diagnostiquer un incident, mais ne détecte pas une intrusion. Confondre les deux conduit à une fausse impression de protection.
La bonne lecture est donc complémentaire. La supervision sans agent ne remplace pas une plateforme d’observabilité d’entreprise, elle couvre les angles morts que celle-ci laisse : le serveur qu’on ne peut pas instrumenter, le segment isolé, la machine où l’installation est interdite.
La supervision sans agent est une réponse pragmatique à une contrainte précise : surveiller un système là où l’on ne peut rien installer. Elle privilégie la légèreté, l’autonomie et la lisibilité du code sur l’exhaustivité de la collecte. Les outils open source d’Eric Guiffault en sont une illustration accessible, à replacer dans une stratégie de supervision plus large plutôt qu’à opposer aux plateformes classiques. Pour un administrateur qui travaille en environnement verrouillé, c’est souvent la seule approche réellement praticable.
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